Association (loi 1901 à but non lucratif) de parents/ professionnels à destination des enfants, adolescents et jeunes adultes avec autisme ou un Trouble du Développement âgés de 2 ans 1/2 à 20 ans résidant en Gironde plus particulièrement sur le secteur Rive Droite.

vendredi 9 août 2013

Trouble du Spectre Autistique et musicothérapie

Il est assez connu que les personnes avec autisme ont, pour la plupart d'entre elles une affinité ou une réceptivité à la musique. Qu'elle les apaise, ou leur procure une sensation familière et rassurante ou encore qu'elle soit un vecteur pour vivre leurs émotions et parfois les communiquer, fait dire que la musique ne semble pas laisser ces personnes indifférentes. 
« Je pouvais devenir mentalement sourde et aveugle à tout sauf à la musique qui réussissait toujours à mettre mes sens en éveil. » (D.WILLIAMS, Si on me touche je n'existe plus)
A l'instar du langage, la musique est, comme le nomment les spécialistes, un matériel sonore. Bien que semblable sur ce point, la musique mobilise des systèmes perceptifs distincts, qui activent des aires cérébrales différentes de celles du langage. 
Les études scientifiques ont montré que l’information reçue, est bien mieux mémorisée en quantité et en qualité lorsqu'elle est chantée plutôt que parlée (d'où l'intérêt des comptines pour enfants, le son est d'abord perçu, décomposé, puis le sens se construit par la pensée avec les mots).


Pour les personnes avec un trouble du spectre autistique, et en particulier celles qui ne peuvent verbaliser, ou très peu, le langage est une montagne à gravir. Mais la communication ne se réduit pas au langage oral, on parle par exemple souvent de communication non-verbale, il existe  la langue des signes, très visuelle.  Les interactions entre l'enfant atteint d'autisme et ses parents ou le professionnel révèlent la nécessité d'user de plusieurs canaux de communication. 
La musique peut être considérée comme un de ses canaux, elle ne ne demande pas un compréhension du sens de la phrase ou d'une multitude de mots. Ni de faire face à un demande ou à une intention de l'autre difficile à décoder pour la personne avec autisme. Avec la musique il s'agit, de sons, de rythme, d'harmonies, de mélodies, de timbre...et, puisque c'est une activité humaine, elle permet aussi et surtout d’exprimer des émotions,ou de les ressentir.

C'est par le plaisir qu'elle procure, et ce qu'elle éveille chez la personne que la musique peut aider à mettre confiance et à supporter un échange musical là où un échange verbal est prématuré ou n'est pas possible.
La musique peut être utilisée comme un support à l'accompagnement de personnes malades ou en situation de handicap.  Elle est une médiation dans la relation d'aide, qui peut avoir des effets thérapeutiques dans le cadre de séances de musicothérapie pratiquée par un musicothérapeute.
« La grande différence entre les pratiques pédagogiques et la musicothérapie sont les objectifs. En musicothérapie, le but n’est pas d’apprendre la musique, il n’est pas en soi de produire une musique digne de ce nom, il est de soulager, d’offrir des possibilités d’expression, un mieux être… »
 
« QUE VISE LA MUSICOTHÉRAPIE ?
- Créer, restaurer et/ou maintenir les moyens de communication chez des personnes en souffrance,
- Créer les conditions d’un processus d’évolution, de changement, de développement,
- Mobiliser la pensée et développer le potentiel créatif. »
http://solide-air.com/projects/musicothrapie-et-autisme1/213 


Xylophone

Bien que dite "universelle", la musique est un support qui ne convient pas à toutes les personnes. La musique n’adoucit pas les mœurs de manière systématique si elle n'est pas choisie, intégrée à un projet et mise en lien avec des observations cliniques.
Elle peut offrir un espace commun, entre le thérapeute ou l'intervenant, et la personne avec autisme, ou une rencontre peut, peu à peu avoir lieu. A partir de laquelle un contact ou un lien  peut se créer et se développer par la suite avec d'autres.

Pour en savoir plus, voici quelques liens:





Texte d' Edith Lecourt (professeur de psychologie clinique et psychopathologie),


Un livre: "Psychologie de la musique" d'Arlette ZENATTI

Cliquez sur l'image 
et aussi l'excellent livre d'Oliver SACKS, "Musicophilia" 

Cliquez sur l'image
J'ai moi-même pu remarquer les effets positifs de la musique auprès de personnes avec un TSA, l'une d'elle, que j'ai accompagné dans le cadre de mon travail,  âgée de 27 ans, ne s'adressait aux autres que pour formuler une demande, souvent concrète et liée à son quotidien. En dehors de cette communication fonctionnelle, aucun n'échange ou presque n'avait lieu. Aussi, il était difficile d'entendre sa voix dans d'autres contextes. Pourtant, lorsque nous avions le temps de nous retrouver, en groupe, pour évoquer la journée passée, ou lors d'un temps libre, je prenais un moment pour jouer de la guitare. Je chantais une chanson à la mélodie facile et qui je l'espérais leur était familière.
Ce jeune homme, spontanément, se mettait à chantonner les paroles, à fredonner la mélodie, et à chaque fois, il devenait plus à l'aise. J'entendais, pour la première fois, sa voix empreinte d'émotion. La musique l'aidait à extérioriser autre chose et autrement, ce qui habituellement paraissait enfoui, ou prendre la forme d'un langage fait de mots énoncés au pied de la lettre.

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